Réflexion au cœur de l'être - Lysiane Girault


Le 1er mai 2020


Si le confinement qui nous est imposé par les autorités depuis le 17 mars 2020 nous prive d'un certain nombre de libertés comme celles de voir nos proches, de nous déplacer, de travailler de façon habituelle, de faire des achats à notre guise, il nous apporte d'autres libertés comme celles d'être soi, de se révéler, d'aimer, de faire ce que l'on veut quand on veut dans notre maison.


Autant de paradoxes qui nous poussent à réfléchir, et à plonger en notre intérieur. A nous poser les questions essentielles, existentielles. Celles qui définissent les raisons pour lesquelles nous nous sommes incarnés sur cette terre, dans cet espace, dans ce temps. Tout à coup on prend conscience, s'il en était besoin, de la dimension de la spiritualité dans notre vie. Cette nécessité de s'écouter, de déterminer quels sont nos besoins qu'ils soient émotionnels, physiques, relationnels, alimentaires. Ceux-là même qui nous font entrer en relation avec notre soi profond, la dimension de notre être, notre alignement de notre corps, âme, esprit.


Et si la peur générée par l'attaque invisible du Covid-19, tout à coup, nous faisait comprendre que tout est changement, incertitude et nous ramenait à l'impermanence de la vie ? Cette vie qui peut basculer d'un instant à l'autre, cette vie que l'on ne peut recommencer et pour laquelle nous essayons de faire de notre mieux pour profiter d'elle de la meilleure des façons. Faire ce que l'on aime, avec ceux que l'on aime, contempler la nature et la remercier pour ce qu'elle nous offre, prendre soin de nous, d'autrui, apprendre pour s'enrichir de connaissances, échanger, faire preuve de bienveillance envers nous et envers les autres. C'est ce qui rend la vie simple et belle.


L'impermanence de la vie amène à réfléchir et à faire un point. Où en suis-je dans ma vie ? Quelles ont été mes erreurs ? M'ont-elles appris des choses ? Ai-je su en tirer des bénéfices ? Si ce n'est pas le cas, comment puis-je les corriger pour vivre mieux avec elles puisque je ne pourrai les effacer ?


Une erreur, en tout cas lorsqu'il s'agit de relationnel, apporte de la culpabilité envers soi, envers l'autre. La culpabilité est un poison qui nous empêche de trouver la paix. Et l'antidote est le pardon. Ce pardon vient du cœur et du cœur vient l'amour. Cet acte si difficile, de faire le geste d'aller vers l'autre, est une libération de soi à soi, de soi vers l'autre, qui demande force et courage car il signifie reconnaître son erreur, reconnaître que l'on n'a pas agi de façon acceptable, que l'on a blessé. Et cette personne blessée, lorsqu'elle pardonne à son tour fait elle aussi preuve de force et de courage. Elle reconnaît le mal qui lui a été fait, possiblement en réponse au mal qu'elle a elle-même fait, et l'accepte.


Etre capable d'exprimer ses émotions est d'une très grande richesse. Le pardon est un acte d'amour puissant qui apporte un bien-être inégalable, comme si tout à coup, on se délestait d'un poids et que quoi qu'il nous arrive, nous pourrions partir en paix.


Ce confinement nous emmène bien plus loin que nous n'aurions pu le penser, non pas géographiquement mais bien intérieurement. Comme si nous devions grandir vite et que nous devions prendre la mesure de nos responsabilités, dans tous les domaines que ce soit. Nous serons amenés à faire des choix personnels, professionnels, sociétaux, politiques, environnementaux, pour notre santé en accord avec qui nous sommes et ce pour quoi nous sommes là.


La vie n'est pas un long fleuve tranquille. A nous de choisir notre destination et le chemin pour y parvenir.


Reprenons notre pouvoir créateur, celui qui nous permet de faire de notre vie ce à quoi nous voulons qu'elle ressemble. Ne sommes-nous pas venus sur cette terre pour accomplir une mission ? Mais laquelle ? Difficile pour la plupart d'entre nous de l'identifier. C'est en plongeant dans notre intériorité que nous pouvons la rencontrer, en étant attentif à ce qui nous anime, ce avec quoi nous nous sentons en accord, ce que nous aimons. Toujours et encore l'amour ! Au fond, ne serait-il pas le fondement de notre être? Celui grâce à qui nous sommes là, celui qui nous maintient en vie et peut-être celui qui continuera à vivre en nous quand nous quitterons notre incarnation.


L'amour est donc la clé. Celle qui ouvre les cœurs, les corps, les consciences, fait communiquer les âmes, se transmet par la pensée.





Cette liberté d'aimer qui l'on veut ne pourra jamais nous être retirée, même en période de crise sanitaire, car même si le confinement éloigne physiquement, les cœurs restent reliés les uns aux autres, prêts à se retrouver.





Autrice du texte

Lysiane Girault

pour Rayonnons.

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